La vitesse qui tue, à petit feu…

Quiconque a déjà dépassé ses limites physiques et mentales au travail risque de se reconnaître dans ce texte de David Whyte qui incite à une prise de conscience.

« La plus grande tragédie  liée au fait que  la vitesse se veut  un moyen de répondre  aux complexités et aux responsabilités de l’existence  est que bientôt on ne peut reconnaître rien ni personne  qui ne se déplace pas à la même vélocité que nous.  Nous ne voyons que ceux qui vivent dans le même tourbillon et qui se déplacent avec la même urgence.

Peu après, nous commençons à souffrir d’une forme d’amnésie entraînée par une vision déformée de la vélocité, où toutes les choses donnant vie à notre humanité sont mises de côté par notre conscience, une par une.  Nous commençons à perdre de vue tous les collègues qui se déplacent plus lentement que nous ainsi que les cycles plus vastes et plus lents qui sous-tendent notre travail. »

David Whyte – Crossing the Unknown Sea – Work as a Pilgrimage of Identity

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